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La détox printanière selon l’ayurvéda.

Publié le 2 Avr, 2023

Le printemps : la saison pour détoxifier son corps et ses pensées !

Les jours rallongent, la température se fait plus douce, la nature reverdit, les fleurs pointent le bout de leurs pétales, les oiseaux et les insectes recommencent leurs danses incessantes dans nos jardins : l’hiver fait place au printemps, cycle annonciateur de renouveau, de renaissance.

L’hiver a mis notre organisme au ralenti, nous a fait consommer une nourriture plus riche, plus lourde. Avec l’arrivée des beaux jours, il est temps de sortir de notre léthargie et de notre torpeur !

L’importance des cycles en ayurvéda.

L’ayurvéda ce système de santé global ancestral, à la fois philosophique, scientifique et spirituel (selon lequel le corps et l’esprit forment une seule et même entité, ne pouvant être traités/soignés séparément) s’appuie sur l’étude et le respect des cycles pour préserver ou retrouver l’équilibre. Et dans la nature, tout est cycle : la journée (matin, après-midi, soir, nuit), l’année (printemps, été, automne, hiver), la vie (enfance, adolescence, âge adulte, vieillesse) etc.

La place des 5 éléments en ayurvéda.

Nous faisons partie d’un univers, d’un macrocosme constitué des 5 éléments (panchamahabutas) : l’Ether/ Espace, l’Air, le Feu, l’Eau et la Terre. Le corps humain, les animaux, les plantes, les climats, les énergies sont des microcosmes, de « minis univers » dans lesquels interagissent également ces 5 éléments. Ainsi donc, les 5 éléments sont autour de nous et en nous. Ces éléments nous gouvernent et agissent en permanence sur nos fonctions corporelles, physiologiques et psychologiques. L’ayurvéda désigne ces énergies vitales ou humeurs par le terme de « doshas ». Elles sont au nombre de 3 :

+ Vata : regroupant l’Ether et l’Air (en parts égales), c’est l’énergie du mouvement.

+ Pitta : formée par le Feu et l’Eau (le Feu étant en plus grande proportion), c’est l’énergie de la transformation.

+ Kapha : constituée par l’Eau et la Terre (l’Eau étant en quantité plus importante), c’est l’énergie de la cohésion.

L’impact des saisons sur les doshas.

Les doshas évoluent au rythme de la nature et des saisons, ce qui explique que l’on n’ait pas les mêmes besoins et les mêmes habitudes (comportementales, alimentaires…) tout au long de l’année. Les doshas ont des qualités, des attributs typiques distinctifs qui se manifestent de façon caractéristique dans le corps. Chaque dosha a ses lieux de manifestation de prédilection.

Nous avons tous en nous ces 3 énergies vitales, mais en proportions différentes, c’est ce que l’on appelle constitution de naissance en ayurvéda ou prakriti, et qui ne change jamais. C’est cet état qu’il s’agit de conserver tout au long de notre vie, ou tout au moins, de s’en rapprocher le plus possible. Cependant, cet équilibre peut-être modifié par des facteurs internes (émotions…) et externes (nourriture, climat, rythme de vie, entourage…) nous éloignant de notre constitution de naissance, ce que l’on nomme vikruti.

Ce qu’il est important de comprendre en ayurveda, c’est que le déséquilibre ou l’aggravation d’un dosha vient de la survenance de facteurs qui ont les mêmes attributs, les mêmes qualités que le dosha qu’ils vont contrarier.

L’influence du printemps sur le dosha kapha.

Prenons l’exemple de kapha qui a les qualités ou caractéristiques suivantes : lourd, dense, statique, lent, mou, froid, onctueux, collant, lisse, humide, gras. Pour les personnes ayant une constitution de naissance à dominante kapha ou pour celles ayant un déséquilibre kapha, tout ce qui a les mêmes attributs dans leur environnement va augmenter ce dosha et l’aggraver, le déséquilibre pouvant aller du simple inconfort dans des zones précises au début, à la maladie s’il n’est pas corrigé.

Je n’ai pas choisi kapha au hasard : le printemps est une saison gouvernée par kapha (de même que l’hiver) car les éléments Eau et Terre sont prédominants : la neige commence à fondre gorgeant la terre d’eau et remplissant les ruisseaux, les rivières ainsi que les nappes phréatiques. Les pluies gardent la terre humide, la nourrissent, la rendent plus lourde. Bien que la température augmente, celle-ci reste encore fraîche. La faune et la flore se réveillent, annonçant le retour d’une période de renouveau et de croissance.

Pour reconnaître les signes d’aggravation de kapha, il est nécessaire de connaître les sites de localisation de ce dosha dans le corps qui sont :

+ l’estomac

+ la poitrine/ les poumons/ le coeur

+ la bouche/ la langue/ la salive/ la gorge/ le nez

+ les tissus conjonctifs/ la graisse/ la lymphe

Ainsi donc, si kapha se déséquilibre et s’aggrave, les symptômes apparaissent d’abord à ces endroits-là.

Quels sont les signes d’aggravation de kapha et les vulnérabilités printanières?

+ sensibilité aux allergies/rhumes, sensation de nez congestionné ou de nez/ yeux qui coule(nt), augmentation des mucosités.

+ manque de dynamisme, fatigue, paresse, torpeur, besoin de dormir accru, sensation de lourdeur du corps et de l’esprit.

+ mélancolie exacerbée, augmentation de l’attachement et/ ou de la susceptibilité.

+ faiblesse du feu digestif (agni) et stockage des aliments, prise de poids.

Quels conseils pour contenir kapha ?

+ éviter de dormir trop, se lever tôt (vers 5h30 : période vata, avant d’entrer en période kapha : de 6h à 10h) de faire la sieste et faire de l’exercice, sortir de sa zone de confort.

+ fuir le froid et l’humidité, profiter du soleil,.

+ écarter les aliments et lourds, gras, froids, sucrés, humidifiants, manger en quantité raisonnable et bannir le grignotage.

+ prendre soin de son feu digestif en utilisant des épices, condiments et plantes appropriés.

Quels rituels d’« hygiène » mettre en place pour détoxifier son corps ?

L’ayurveda préconise de commencer à mettre en place les rituels de détoxification assez tôt, vers le 28 février pour une transition en douceur.

+ Le lavement du nez/ jala neti : Afin de réguler et limiter l’accumulation de mucus, il convient de réaliser un nettoyage du nez en profondeur par le biais de lavements à base d’eau tiède (entre 37° et 40°) et de sel (marin ou Himalaya) une ou deux fois par jour (matin et/ou soir). C’est ce que l’on appelle jala neti. Ce lavement assèche et pour éviter un assèchement trop important, on peut appliquer un peu d’huile de sésame à l’intérieur de chaque narine juste après.

+ Le massage à sec ou garshana est parfait pour dynamiser le corps et particulièrement recommandé au printemps pour diminuer kapha ou bien en prévention. Traditionnellement, il se pratique avec un gant de soie grège, mais on peut également utiliser une brosse très douce, le matin avant la douche en effectuant des frictions circulaires et linéaires à sec, en direction du coeur, sur tout le corps à l’exception de la zone du coeur et de la poitrine. On insiste sur les zones présentant une accumulation d’eau ou de graisse pour se débarrasser des toxines (ama). Il réveille ainsi le corps en douceur en activant la circulation sanguine et lymphatique.

+ L’automassage à l’huile est également une bonne alternative pour drainer et purifier son corps. Les constitutions vata dominantes ou en déséquilibre vata l’apprécieront davantage que garshana. On peut également le pratiquer en alternance avec le massage à sec, le matin avant la douche en choisissant une huile de sésame, de pépin de raisin, d’amande douce, de moutarde chauffée au préalable au bain marie pendant quelques minutes.

+ Le printemps est la saison idéale pour ressentir les bienfaits de la pratique de pranayama (exercices de respiration consciente). Respirer en conscience a une action bénéfique sur le mental en apaisant les émotions et sur le corps en augmentant l’énergie vitale. Certains pranayama assez dynamiques sont davantage appropriés au printemps car ils aident à pacifier kapha, comme kapala bati et bhastrika/ suryanga bhastrika/ chandranga bhastrika. On peut pratiquer pranayama aussi souvent que l’on veut, idéalement le matin pour réveiller son corps en douceur et le soir pour ramener le calme intérieur. En revanche, ces types de pranayama sont contre indiqués en pleine phase digestive, en cas de grossesse, de maladies cardio-vasculaires, de troubles intestinaux ou gastriques, de pathologies de la colonne vertébrale.

La détox ayurvédique.

Si en hiver, le corps réclame de faire des réserves et de ralentir le rythme, avec l’arrivée du printemps les besoins sont différents.

Les graisses et les toxines accumulées durant l’hiver se liquéfient avec l’augmentation de la température, le corps et les émonctoires qui peuvent être un peu saturés demandent à être nettoyés, détoxifiés, allégés.

Plusieurs possibilités : pour les vata on optera pour une détoxification tout en douceur sur une durée courte (monodiète ou jeûne intermittent), pour les pitta, on s’orientera vers une méthode de purification qui ne sera pas trop brutale sur une durée moyenne (monodiète ou jeûne) et pour les kapha on pourra se permettre une détoxination un peu plus musclée sur une période qui peut-être plus longue (monodiète simple ou jeûne).

On peut choisir entre :

+ la monodiète du soir (on mange le même aliment tous les soirs de 3 jours à 1 semaine),

+ la monodiète simple (la plus efficace, on mange le même aliment à tous les repas, 3 jours maximum),

+ la monodiète alternée (on mange un seul aliment par repas, mais on change d’aliment à chaque repas de 3 à 10 jours),

+ la monodiète un jour par semaine (on mange le même aliment à tous les repas un seul jour par semaine, pendant au moins 3 semaines),

+ le jeûne intermittent (on alterne périodes de jeûne et période d’alimentation « normale », de 1 jour à 1 mois ou plus en fonction de ses conditions physiques)

+ le jeûne hydrique (on absorbe seulement de la nourriture liquide, de 1 à 3 jours)

+ le jeûne à sec (le plus efficace pour les constitutions kapha/ déséquilibre kapha sans déséquilibre pitta ou vata : on ne mange pas, on ne boit pas non plus, pas plus de 3 jours)

La monodiète est une façon très douce de détoxifier son corps, c’est pourquoi l’ayurvéda la préfère au jeûne.

Le jeûne est très efficace pour les personnes souhaitant perdre du poids ou présentant une surcharge de toxines (réveil difficile, sensation de lourdeur, articulations et muscles douloureux, nausées, maux de tête, inflammations, fatigue, soucis digestifs…).

En revanche il est contre-indiqué en cas de grossesse/ allaitement, de déséquilibre de vata, d’IMC trop faible avec maigreur ou anorexie, de problème d’hypotension, d’insuffisance rénale ou hépatique.

Que l’on opte pour la monodiète ou le jeûne, pour ne pas brusquer le corps, il convient de l’organiser : si on prévoit 3 jours de monodiète ou de jeûne, il faut se préparer pendant 6 jours, progressivement avant de commencer et idem pour la reprise alimentaire qui doit durer 6 jours également (soit le double de temps de préparation par rapport à la durée de la diète en elle-même et idem pour la reprise).

Durant la période de préparation on privilégie les repas de consistance plutôt type soupe épaisse à base de légumes et de fibres en évitant la viande, le fromage, le sucre, le café, l’alcool, le pain et les aliments fermentés. En ce qui concerne la reprise, on y va aussi en douceur avec soupes et potages les compotes et fruits cuits les 2 premiers jours, puis les 2 jours suivants on réintroduit les céréales et les légumineuses/ oléagineux, et les 2 derniers jours on réintègre les protéines animales dans des ragoûts ou des soupes.

Durant la cure, on évite d’avoir des activités physiques trop intenses, le corps a besoin de toute son énergie pour se consacrer à sa purification et on pense à boire tout au long de la journée, des boissons chaudes ou tièdes.

Avant, pendant et après la cure détox, on utilise les épices en infusions et pour cuisiner en fonction de sa constitution (fenouil, cumin, cardamome, coriandre, cannelle, gingembre, fenugrec, poivre…) et on se tourne, sauf constitution/déséquilibre vata, vers les saveurs astringente (terre + air : sec, froid mais purifiant), amère (air + éther : léger, sec, froid), piquante (feu + air : chaud, sec, léger).

La détox ayurvédique du mental.

Le mental est tout aussi important que le corps, les 2 vont de pair, s’influencent l’un l’autre et ne peuvent être traités séparément. Une détox ne sera pas complète ni aussi puissante si on ne prend pas en compte le mental.

Outre les exercices de pranayama qui y contribuent, pour pacifier son mental, on peut mettre en place :

+ la rédaction d’un cahier des gratitudes pour apprendre à valoriser et positiver ses pensées dans lequel on note toutes les expériences positives de la journée (ce qui nous a fait sourire ou rire, ce que nous avons réalisé, achevé qui nous a permis d’avancer, de progresser, ce qui nous est arrivé de bien, ce que l’on a à demander à l’univers et ce pourquoi on le remercie).

+ des séquences de yoga démarrant par des salutations au soleil, et des asanas telles que la tête de vache, le triangle inversé, le poisson, la demi sauterelle ou sauterelle, le demi arc ou arc etc.… qui tonifient également la zone de la poitrine, des poumons, des reins et surrénales, stimulent le feu digestif et stabilisent l’émotivité…

+ des séances de méditation, notamment celle de l’arbre où on visualise tour à tour les racines qui s’ancrent et s’enfoncent dans le sol, la solidité et la force du tronc au travers duquel circule notre souffle, les branches qui poussent et se ramifient à partir des épaules et du crâne vers le ciel. On ressent ensuite toutes les zones de la peau en contact avec l’air sur lesquelles on visualise les feuilles s’épanouir et les fleurs éclore. Ou bien une séance de médiation active en répétant le mantra RAM, associé au chakra solaire et en se concentrant sur ce chakra pendant au moins 5 minutes.

+ la récitation de mantras pour le printemps : Shanti Mantra, chant de paix et d’harmonie entre nous-mêmes et l’univers, de reconnection à notre environnement ou Om Gam Ganapataye Namaha, mantra d’abondance et de réussite lié à Ganesh. Il est également possible de se créer son propre mantra sous forme d’affirmation positive à répéter pendant au moins 21 jours afin d’en ressentir les effets.

Cet article regroupe des conseils généraux et ne remplace pas une consultation auprès d’un praticien et ne se substitue pas aux cures détox proposées en centres ayurvédiques, mais viennent en complément de celles-ci.

Les diètes et les jeûnes ne sont pas anodins, les formats progressifs et de courte durée ont un but de confort ou de rééquilibrage, si vous avez une pathologie spécifique ou le moindre doute, consultez également votre médecin traitant.